Mythe de l’Île de Pâques : l’origine des Moaïs

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On me demande souvent en dédicaces: « Mais les moaïs, on ne sait pas d’où ils viennent ? »

Cette question est ancienne, déjà les premiers explorateurs ont eu des doutes quand à la capacité des « primitifs » de l’île à avoir pu ériger de tels colosses…


1722 : Jacob Roggeveen

« À première vue, ces statues de pierre nous ont remplis d’étonnement car nous ne comprenions pas comment il était possible que ces gens qui n’ont ni bois dur ni cordages solides […] ont été capables de les ériger »

1770 : Don Francisco Antonio de Agüera y Infanzon

« Que des gens ne possédant aucune machine ni le matériel pour en construire, aient pu élever la couronne ou couvre-chef sur des statues d’une telle hauteur provoquent l’étonnement et je pense même que la pierre avec laquelle les statues sont fabriquées n’est pas présente sur l’île, sur laquelle le fer, le chanvre ou encore le bois robuste sont complètement absents. »

1774 : James Cook

« Je n’ai eu l’opportunité d’examiner que deux ou trois de ces statues, celles qui étaient proches de notre lieu de débarquement : faites d’une roche grise, apparemment de la même sorte que celles avec lesquelles leurs plateformes ont été bâties. Cependant quelques gentilshommes, qui ont exploré l’île et examiné plusieurs d’entre elles, étaient d’avis que la roche avec laquelle elles avaient été faites, était différente de toutes celles qu’ils avaient vue sur l’île et avait l’air artificielle. »

Ces idées, colportées par ces navigateurs n’ayant visité l’île que pendant, à peine quelques jours, sont encore répétées aujourd’hui… Et pourtant, un siècle plus tard, le mystère de leur fabrication ne fait déjà plus de doute :

1891 : William Thomson

« Les parois du cratère (du Rano Raraku) sont très abruptes à l’exception du côté ouest par lequel la lave s’est échappée vers la mer et c’est par là que les vaches et les chevaux trouvent un accès facile vers l’eau du lac qui s’est accumulée en son fond. Sur les hauteurs du côté sud se trouvent les carrières des sculpteurs des statues, s’étendant sur des terrasses irrégulières presque jusqu’en haut. Là nous avons trouvé des statues dans tous les stades de complétion, du dessin grossier des contours jusqu’à la statue finie, prête à être séparée de sa roche d’origine. »

« Les filets et les cordes épaisses étaient fabriqués à partir d’écorce d’hibiscus tressée alors que les cordes fines l’étaient à partir d’un chanvre indigène. »

D’ailleurs, toute personne ayant visité l’île de Pâques peut en témoigner… Ci-dessous une photo de la carière des Moaïs au Rano Raraku.

Les premiers habitants de l’Île de Pâques n’étaient donc pas moins intelligents que nous et ils ont su utiliser les ressources qu’ils avaient à disposition pour ériger leurs fabuleuses statues…

Si cela vous intéresse, vous trouverez ci-dessous un extrait de mon roman sur le sujet:

Extrait du livre Les Survivants de l’Île de Pâques: la chute des Moaïs, l’éveil du Tangata Manu

Chapitre I

Partout autour de Nainoa, la roche était écrasée à coups de pierres pour façonner les prochains géants qui garderaient les rivages de l’île. Son crâne était rempli des bruits des chocs et de leurs échos inlassablement renvoyés par les parois de la carrière. Combien étaient-ils à travailler ainsi ? Des centaines d’hommes ! Venus de chacun des dix clans de l’île, ils s’échinaient du lever du soleil jusqu’à son coucher, à sculpter ces corps massifs aux ventres rebondis… Rien à voir avec les hommes autour de lui dont les côtes saillaient douloureusement au-dessus de leurs ventres vides.

« Tu as vu le moaï que les gens d’Anakena sont en train de tailler ? lui demanda son ami Ta’a Maki en versant un peu d’eau à l’endroit où il frappait la roche.

– Ouais, il est bien trop grand, ils n’arriveront jamais à le faire se lever, répondit Nainoa avec un sourire en coin.

– Le roi Aturauga est fou de vouloir faire marcher un tel géant… commenta Ta’a Maki.

– Lui et tous les prêtres… En ce moment, les moaïs poussent sur l’île comme des champignons… »

pour lire la suite…

C’est vrai, l’île est une énigme, mais c’est aussi un microcosme. Ce que j’explore dans mes romans, c’est ce qui a été oublié. Ce qui a été trouvé, et décrit par les premiers explorateurs, et dont on ne parle pratiquement jamais…
On résume souvent l’Île de Pâques à son effondrement, dans Les Survivants de l’Île de Pâques, je raconte comment ce peuple s’est relevé, et ce que ça raconte sur nous: notre rapport à la mémoire, à l’oubli, notre capacité à nous relever.

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