Souvent on me dit, « mais les habitants de l’Île de Pâques, on ne sait pas d’où ils viennent ? »
Et pourtant, même si l’ombre de l’oubli couvre du doute de l’incertitude leur origine, les textes laissés par les premiers explorateurs nous en révèlent beaucoup…

Le premier élément vient du récit de James Cook en 1774, qui nous indique :
« Oedidee, qui comprenait leur langage beaucoup mieux que nous, même s’il ne le comprenait que très imparfaitement. »
Or, ce Oedidee est un jeune polynésien originaire de l’île de Bora Bora. Cela indique que la langue parlée à l’époque sur l’Île de Pâques était partiellement compréhensible par un Polynésien.
Ensuite, la toponymie (nom des lieux) et les noms utilisés sur l’Île de Pâques sont typiquement polynésiens. Par exemple, le fameux Tangata Manu -l’Homme-Oiseau- le titre du dirigeant de l’Île de Pâques à l’arrivée des Européens:
- manu à Tahiti comme sur l’Île de Pâques, signifie « oiseau ».
- et Tangata, possède la même origine que le mot Taata en tahitien, ou Kanaka à Hawaii, tous signifiant « personne » ou « être humain ».
Enfin, d’un point de vue morphologique, ses habitants ne ressemblent pas aux natifs des Amériques, mais bien aux habitants de îles:
« Ils sont grands, bien bâtis et proportionnés, (…) correspondant plus à des Européens qu’à des Indiens. » Don Felipe Gonzalez (1770)
et surtout James Cook encore :
« Par leur couleur, leurs traits et leur langue, ils présentent une telle affinité avec les peuples des îles plus occidentales, que personne ne doutera qu’ils aient une origine commune. Il est extraordinaire que la même nation se soit répandue sur toutes les îles de cet immense océan, de la Nouvelle-Zélande jusqu’à cette île, ce qui représente presque un quart de la circonférence du globe. »
Les recherches archéologiques montrent que, venant de Chine, les ancêtres des Polynésiens sont arrivés à Taiwan il y a environs 6000 ans (les tribus autochtones y parlent d’ailleurs toujours des langues de cette même famille). De là, ils ont essaimé dans de très nombreuses îles du Pacifique et de l’océan Indien (Madagascar). Ils ont même atteint les Amériques pour en rapporter la patate douce.
Si cela vous intéresse, vous trouverez ci-dessous un extrait de mon roman sur le sujet:
Extrait du livre Les Survivants de l’Île de Pâques 1: Un Paradis au milieu du Pacifique
Chapitre I
Inlassablement, les jours succédaient aux jours. La chaleur implacable était à peine supportable. Surtout à midi, quand le soleil était à son zénith. Le chapeau d’Avareipua – fait de feuilles finement tressées – lui procurait certes un peu d’ombre, mais même ce large couvre-chef ne la protégeait pas des rayons se réfléchissant dans le miroir aveuglant de l’océan.
Avareipua s’était installée à l’arrière du catamaran, les jambes plongées dans l’eau. Le courant soulevait légèrement ses mollets, lui procurant une étrange sensation d’apesanteur et une fraîcheur bienfaisante. Elle fermait les yeux pour profiter au mieux de cette sensation. La voix de Tilaari interrompit ses pensées :
« Ah ! Tu es là ! »
Avareipua soupira. Ses paupières s’ouvrirent avec réticence.
« Oui, » dit-elle d’un ton morne.
Ellesiba accompagnait Tilaari.
« Oh Avareipua, souris un peu, veux-tu ? la sermonna sa cousine. On s’ennuie sans toi ! »
Avareipua les regarda, interloquée :
« Comment voulez-vous que je sourie dans un moment pareil ? Tous les membres de ma famille sont morts ! Nous les survivants, on a été obligé de fuir ! Et où sommes-nous aujourd’hui ? Perdus au milieu de nulle part ! Nous ne savons pas où nous allons et si même nous trouverons un endroit où vivre !
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