Au temps d’Hannibal: Nos ancêtres les Gaulois

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« Nos ancêtres les Gaulois… »… Cette formule emblématique n’est apparue dans les écoles de la République qu’au XIXe siècle, mais elle y fut largement enseignée, et ce, bien au-delà de la métropole puisque les petits élèves d’Indochine et d’Afrique l’ont aussi apprise par cœur.

Il est certain que le monde gaulois – et, plus largement, celtique – était immense. De l’Irlande au Portugal (Lusitaniens), en passant par l’Espagne (Celtibères), l’Allemagne (culture de Hallstatt), la Suisse des Helvètes, et même jusqu’en Turquie avec les Galates. Il y a plus de 2000 ans, une grande partie de l’Europe était occupée par des peuples de langues et de cultures celtiques.

Et bien entendu, inutile de le préciser, les ancêtres des Vietnamiens et des Sénégalais n’avaient évidemment rien à voir avec les Gaulois.

Mais même dans l’antique Gaule, la réalité était bien plus complexe que le récit scolaire ne le laissait entendre.

Dans sa Guerre des Gaules, Jules César écrit :
« Toute la Gaule est divisée en trois parties : l’une est habitée par les Belges, une autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur propre langue, s’appellent Celtes, et dans la nôtre, Gaulois. » 

Rédigée avant tout pour justifier ses campagnes militaires auprès de l’opinion romaine, La Guerre des Gaules demeure néanmoins une source d’informations précieuses, même après 2000 ans d’histoire. Les historiens, en filtrant à travers les exagérations politiques et la propagande, parviennent encore aujourd’hui, à en tirer de nombreux renseignements sur la Gaule d’alors, comme des noms de personnages et de lieux, des structures politiques ou encore certaines coutumes. Ainsi Diviciacos était un druide et diplomate du peuple Eduen ; Ambiorix le Belge, lui, s’est révolté contre Rome ; la capitale éduenne Bibracte a été redécouverte sur le Mont Beuvray grâce aux descriptions trouvé dans ce livre, et les vestiges de son mur d’enceinte correspondent exactement à la description du murus gallicum de César ; il y parle aussi de Samain : la fête des morts en novembre ; de l’importance des grandes foires : des rassemblements ruraux commerciaux qui perdurent encore aujourd’hui, ou encore du grand usage des tonneaux comme moyens de transport des liquides…

Pour en revenir aux peuples de la Gaule d’alors : au nord, les Belges étaient majoritairement des peuples celtes, déjà mêlés à des influences germaniques. Au sud en revanche, les Aquitains étaient nettement différents des Celtes. Ainsi, César nous indique à leur propos : « Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les institutions et les lois. Les Aquitains, qui vivent entre le fleuve Garonne et les monts Pyrénées, sont tournés vers l’Espagne… »

Pline l’Ancien précise leur territoire : « L’Aquitaine est délimitée par les monts Pyrénées, le fleuve Garonne et l’océan. »

Quant à Strabon, il insiste lui aussi sur la parenté entre Aquitains et Ibères : « Les Aquitains ressemblent davantage aux Ibères qu’aux Gaulois. »

Aujourd’hui, on sait que les Basques sont les derniers à encore parler la langue des Aquitains antiques, parfois appelés Vascons dans l’antiquité. Les Vascons, occupaient la Vasconia, (Wasconia) dont l’appellation a évoluée en Gascogne. Le nom Aquitain viendrait lui du peuple des Auscitans (le C du latin se prononçant comme un k : Auskitan, et peut être le s était shuinté). Ils vivaient autour de la ville d’Auch, dont le nom antique était Elliberim Auscurum, la « ville neuve des Auscitans »). Auch a probablement la même étymologie que la racine Eusk (prononcée « é-ou-shk »), retrouvée dans Euskara, la langue basque, mais ça, c’est une histoire pour un prochain article.

Quand aux Ibères, ils occupaient alors la côte méditerranéenne du sud de la France (est du fleuve Héraut) à l’Espagne, à laquelle ils ont d’ailleurs donné un de ses noms : la péninsule Ibérique.

Installés le long du littoral bien avant l’arrivée des Gaulois, il y avait aussi plusieurs peuplements grecs. La principale cité était bien sûr Marseille (Massalia) mais il y avait aussi : Agde (Agathé), Antibes (Antipolis) ou encore Nice (Nikaia).


En conclusion donc, les historiens considèrent généralement la Gaule antique comme une mosaïque de peuples et de cultures, bien loin de l’image uniforme voulue pour unifier les Français. Aux côtés des Celtes vivaient également les Aquitains dans le sud ouest et les Ibères et les Ligures le long de la côte méditerranéenne.

Ainsi donc, beaucoup de lieux du sud de la France n’ont pas ou peu connu d’occupations gauloises…

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